Les destin des petits Hommes.

Les destin des petits Hommes.

Ce destin qui nous fuit. Ce destin qui nous égare. Nous le cherchons sans cesse appelant sa magie et sa confiance au grès des rencontres et des expériences. Il nous tend la main mais il nous fuit. Créant sans cesse ce fossé entre nous, petits Hommes, et sa luminescence.

Nous ne sommes finalement pas grand-chose à côté de lui, ogre omniscient, affamé et sans limite. Nous nous battons chaque jour pour atteindre sa sagesse, son pardon et son humilité. Oui, le destin est humble car il sait. Il n’est pas arrogant car il n’a pas besoin de se montrer meilleur. Il a confiance en lui sûr de sa force et de son avenir. Nous ne sommes que des petits Hommes courant après lui pour obtenir ses réponses.

Connaître son destin. Connaître son futur. Impossible mais tellement tentant et obsédant. Que faire pour goûter à ça ? Quelles solutions ? … Des drogues euphorisantes ? Un voyage à l’autre bout du monde qui nous montrerait la voie ? Une rencontre qui nous ferait prendre un autre chemin ? Cela pourrait suffire à certains mais le joueur de poker a trouvé une autre façon : les cartes.

L’Homme force son destin mais le joueur de poker est passé maître dans l’art. Chaque partie n’est qu’un terrible combat à la recherche de la vérité, à la recherche du destin qui passe son temps à jouer à cache-cache. Non, le joueur de poker n’a pas l’arrogance de dire qu’il lutte pour comprendre le sens de sa vie et savoir où la vie va le mener avec des cartes. Mais l’espace d’une partie, il aura l’impression de pouvoir lutter à arme égale avec son destin. Lui d’ordinaire si puissant et si impressionnant, pendant cette partie, il ne sera qu’une succession de cartes posées sur une table : tellement accessible et surtout à portée de main.

Le joueur de poker mise alors ses trippes et se sert de son adrénaline pour trouver la voie et forcer son destin à se dévoiler. Il ne se bat contre personne. Il n’a pas d’adversaire. Il veut juste, pour une fois et pour quelques heures, rester le maître de sa destinée. Le matheux se servira alors de ses notions en probabilité pour faire tomber son terrible ennemi. Le poète, lui, se raccrochera éperdument à ses cartes et misera sa vie pour gagner, juste une fois, quitte à tout perdre et à sombrer dans les limbes. L’agressif prendra sa revanche contre son destin en montrant toute sa colère et en se montrant impitoyable.

Le joueur de poker ne joue pas. Il n’est qu’un Homme à la recherche de sa luminescence.

Texte : Adrien

Illustration : Emmanuel Grard, « Mecha rentre à la base », www.egrard.com

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