Jeu de regards…

Jeu de regards…

Elle s’est assise à la table, juste en face de moi, et je ne pouvais détourner le regard. Une partie de poker, c’est beaucoup d’imprévus et quand mon ami m’avait dit qu’il ramenait quelqu’un pour jouer ce soir, j’étais loin d’imaginer que ce serait cette charmante demoiselle. Les yeux rivés à la fois sur mes cartes et sur Estelle, car c’est ainsi qu’elle se prénommait, la concentration me faisait défaut. Après quelques tours, je me retrouvais néanmoins chipleader et espérais pouvoir quelque peu l’impressionner…

C’est vrai que j’avais eu beaucoup de chance sur les deux coups précédents mais ma technique de jeu m’avait aussi permis d’amasser une jolie pile de jetons. Enfin mon premier face à face avec elle, comme un premier slow, une première ballade ensemble ou un premier fou rire à deux. Elle ne me quittait pas des yeux et malgré mon envie soudaine de disparaitre sous la table, moi non plus, je ne la quittais pas des yeux. Était-ce une volonté d’intimidation de sa part ou le fait qu’elle me trouvait séduisant ? Son regard bleu transperçait mes cartes et tout mon être.

C’est donc quelque peu déstabilisé que je jouais ce coup et bien entendu, elle rafla la moitié de mes jetons. Plus rien n’existait autour de moi mis à part Estelle et les cartes. Cette poussée d’adrénaline, que connaissent tous les joueurs de poker quand les cartes se dévoilent, était aussi valable pour moi lorsque cette femme m’avait été dévoilée. Mais dans mon cas, au final, une victoire moins certaine…

Je grappillais ensuite pas mal de jetons et finissais par retrouver mon stack de départ. Estelle avait également gagné de beaux coups. Nous nous retrouvions ainsi tous les deux en finale. Les mains moites, la sueur perlant sur mon front (je ne saurai dire si c’était à cause de l’enjeu ou de la vision magnifique que j’avais en face de moi), la partie s’annonçait difficile.

Elle le fut et c’est une Estelle imperturbable qui me donna, en quelques coups, une jolie leçon de poker. Malgré la défaite, j’essayais de rester le plus stoïque possible et je me demandais, si au moins, je pouvais gagner au jeu de l’amour avec elle. C’est donc après la partie et quelques verres que je me risquais à lui demander si elle voulait bien faire le chemin du retour avec moi.

Je n’oublierais jamais le regard quand elle m’a dit oui.

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